En France pour l'instant, les déchets nucléaires sont entreposés en surface. Mais deux centres d'enfouissement doivent être construits dans les 20 prochaines années. L'un à quelques dizaines de mètres de profondeur pour des déchets faiblement radioactifs, l'autre à environ 500 mètres pour des déchets à haute activité. Enquête.
Comment pouvez-vous assurer que la radioactivité ne remontera pas à la surface?
Ces déchets sont d'abord vitrifiés - stabilisés dans une matrice de verre. Ce verre est coulé dans un container en acier, entreposé pendant 3 ou 4 décennies à La Hague pour refroidir. L'idée est ensuite de les mettre dans des containers de plusieurs centimètres d'épaisseur, d'environ 2 mètres sur 70 centimètres, eux-mêmes placés horizontalement dans des galeries creusées dans l'argile.
La quasi absence d'oxygène (en profondeur) et d'eau (l'argile contient peu d'eau) fait que l'emballage des déchets ne devrait presque pas subir de corrosion. On est tranquilles pour quelques milliers d'années, et à ce moment la radioactivité aura décru.
Même si les containers finissaient pas fuir, l'eau dissoudrait doucement le verre, mais les radioéléments qu'il contient seraient retenus sur la surface des argiles. Sans aucune rétention, il faut à l'eau entre 300.000 et un million d'années pour se déplacer d'un mètre dans cette argile.
Pourquoi ce stockage doit-il être réversible?
Il ne s'agit pas de stocker les déchets en espérant qu'un jour, les générations futures sachent en faire quelque chose, mais de les stocker en sécurité pour qu'elles n'aient pas à aller les chercher. Toutefois, la loi impose - principe de précaution - que le stockage soit réversible, au cas où. La durée de cette réversibilité doit être précisée plus tard par la loi, à la lumière des études en cours.
Comment assurer le passage des informations aux générations futures?
D'abord, nous avons choisi un sous-sol sans ressources naturelles exploitables (pétrole, eau potable, or): les générations futures ne devraient donc pas être tentées d'y forer. Il faudra tout de même leur signaler la présence du site, en traçant d'une manière ou d'une autre le stockage, par exemple par un monument


